dimanche 2 mai 2010

Le Moyen Age et Hugo

Quel est le réalisme du cloître et de la société dans mangeront-ils ?

I) La société

a) Le moyen âge

La société du moyen âge est très superstitieuse. En effet, les
croyances dans les sorcières et autres choses surnaturelles, ont conduit les
habitants à devenir renfermer sur eux même, et à être hostiles envers des
personnes qu’ils soupçonnaient être une sorcière ou autres créatures du
folklore.

Complément: Cloître co jonction entre l'espace de vie et l'espace de prière.
Le moyen âge est une époque bennie pour la sorcellerie. La sorcellerie ne gêne pas mais on craint l'hérésie.
Le terme de superstition signifie deux choses au Moyen Age : d'un côté, l'éloignement de la foi chrétienne considéré comme une hérésie et poursuivie par l'Inquisition, et, d'un autre côté, une multitude de pratiques magiques préscientifiques dans différentes cultures, et la foi primitive païenne en des esprits de la nature et des démons. Deux formes de superstition étaient en particulier pourchassées : aussi bien l'hérétique, qui répandait une mauvaise doctrine, que la sorcière, qui était puissante de par ses liens avec Satan et la magie noire, finissaient sur le bûcher.

b) Mangeront-ils ?

Dans « mangeront-ils ? », nous avons quasiment la même société que dans la vrai
vie du moyen âge. Mise à part le fais que la sorcières du roman n’est pas
massacrée. Les personnages tels que le roi, sont très superstitieux, si bien
que lorsque la sorcière annonce au roi qu’il va mourir juste après Airolo qu’il
s’apprête à tuer, il le relâche pour que la prophétie ne se réalise pas. On
retrouve également les brigands dans les forêts, tels qu’Airolo, comme dans la
société réelle du moyen âge.

II) Le cloître

a) Au moyen âge

Un cloître a deux sens, mais tout les deux ont un rapport avec la religion.
Premier sens : couvent où vivent les religieux
Deuxième sens : Partie d'un monastère constituée de galeries qui entourent un
jardin carré ou une cour
Le cloitre pouvait aussi protéger d'un danger ou d'une épidémie= . Lieu d'asile, de refuge, une protection contre la violence
Le cloitre est entouré d'un jardin clos.

b) Mangeront-ils ?

Dans « mangeront-ils ? », lady Janet et Lord Slada, se cache dans un cloître en
ruines pour échapper au roi. Mais, dans ce cloître, pousse des fruits vénéneux,
et l’eau n’est pas potables. Ils sont donc confrontés à un dilemme : soit mourir
de faim en restant cacher dans le cloître, soit sortir et être capturés par le
roi.
Ainsi, dans « mangeront-ils ? », il y a un réalisme de la société, ainsi que des
cloîtres, et de l’état d’esprit des roi, ainsi que les cachettes de ceux qui
veulent fuir la société.
Cplt: On croit en le pouvoir des plantes pouvoir guérisseur et protecteur , ou vénimeux, co justice divine. Sciences des magiciens reposaient sur la botanique.
Cloitre en ruine= religion abandonnée. Est un refuge ds ts les sens du terme.

Thomas MORE, Utopie, Principes


La vie sur l’île d’Utopia (de Thomas More)

Biographie : Thomas MORE (1478-1535)

Il nait en Angleterre d’une noble famille et fait des études de droit à Oxford, puis à Londres, où il devient juriste. Il se mêle au mouvement humaniste anglais et en 1515, il devient ambassadeur, puis chancelier en 1529. Il s’oppose au roi d’Angleterre Henri VIII quand celui-ci décide que le chef d’Angleterre ne serait pas le Pape, mais lui-même. More démissionne. Il est arrêté et emprisonné comme traître, puis exécuté en 1535. Il sera canonisé au XXe siècle.

Thomas More s’inspire de l’Angleterre et des idées de Platon pour écrire son utopie, où il critiquera les points défaillants de la société anglaise de son temps.



I. Le citoyen

a) Des droits et devoirs

Ils doivent déménager tout les 10 ans, et doivent suivre un service agricole de 2 ans. Ils ont un droit de divorce par consentement mutuel.

b) Des interdictions

L’oisiveté, les classes sociales et l’inégalité sont interdites, ainsi que les adultères ou tentatives d’évasion de l’île, la dissimulation, la chasse, les jeux de hasard, et la polygamie.

II. La vie sociale, économique et politique

a) Socialement

Tous les habitants travaillent, et ont le même nombre d’heures à faire. Le chômage n’existe pas. Ils ont tous les mêmes maisons, et les portes n’ont pas de serrures. Les habitants doivent déménager tous les dix ans, afin de ne pas s’enraciner. →Egalité sociale.

b) Economiquement

L’économie utopienne repose sur la propriété collective et l’absence de monnaie. L’économie est basée sur les échanges.
Cette société est composée d'une cinquantaine de villes gérées de manière semblable. Le Sénat, qui compte trois députés par ville, doit gérer la statistique économique, permettant une répartition des charges tendant à une égalité de richesse entre villes.

c) Politiquement

Les utopiens ont le droit de vote : chaque famille élit un chef, ce chef élit un Conseil qui élit un Prince avec le choix de quelques candidats.

III. La religion

Les utopiens ont une liberté religieuse. Ils reconnaissent presque tous un être suprême.
Complément Dame Plaquette

En Utopie, les religions sont donc multiples et coexistent. Elles varient d'une région à l'autre et même à l'intérieur des villes. Les uns rendent un culte à la Lune, les autres au Soleil ou à d'autres planètes. Mais la plupart des Utopiens rejettent ces idolâtries: ils sont monothéistes, reconnaissent un Dieu immense et inexplicable qu'ils appellent «Père».

IV. La nature et l’architecture

a) La nature

Les villes sont prospères, le sol est fertile et la flore est abondante. Les habitants s’adonnent au jardinage : c’est leur passion. Le fleuve d’Amaurote, constitué d’eau potable, coule sur l’île et abreuve les villages environnent. →Mise en avant de la notion d’environnement.

b) L’architecture

L’architecture des différentes villes sont identiques et évaluées pour être le plus pratique possible : elles prévoient une protection contre les effets climatiques, et permettent une communication rapide, de par leurs rues, pour le transport.

Les villes sont constituées d’une place centrale, entourée d’avenues qui partent dans toutes les directions. Il y a une symétrie parfaite entre les avenues, les maisons et la place. De plus, les maisons sont confortables et esthétiques ; elles brillent d’élégance. Le pont qui enjambe l’Anydre est joliment vouté. →Richesse architecturale.

Utopia : (1516)

La Ferme des Animaux, Orwell

By Mathieu

Complément du cours sur l'Utopie

La ferme des animaux :
Biographie :
- Eric Arthur Blair de son vrai nom (1903-1950)
-écrivain, chroniqeur et journaliste
-1936 :engagement dans les rangs républicains lors de la guerre civile espagnole
-1939 :travaille à la BBC et The Tribune
-1944 : il achève La ferme des animaux
-1945 :envoyé spécial pour The Observer en France et en Allemagne et publication de la ferme des animaux : 4 éditeurs ont refusé sa publication à cause des critiques portées sur l’URSS
- Il est atteint de tuberculose

Résumé : L'histoire se passe en Angleterre, dans une ferme dont le propriétaire, un certain Mr Jones, règne avec autorité sur ses animaux. Un soir, le vieux cochon Sage l'Ancien réunit tous les animaux et leur révèle son rêve de révolte contre la tyrannie du fermier. Trois jours plus tard, le vieux cochon meurt, mais ses idées ont marqué les esprits, surtout ceux des autres cochons, qui sont considérés comme les animaux les plus intelligents de la ferme.
Ainsi, la révolte est menée, et évidemment les animaux connaissent une grande victoire. Menés par deux cochons, Napoléon et Boule de Neige, les animaux organisent leur liberté. Ils rédigent les sept commandements qui leur assureront une indépendance totale vis-à-vis des hommes :
1. Tout deux pattes est un ennemi.
2. Tout quatre pattes ou tout volatile est un ami.
3. Nul animal ne portera de vêtement.
4. Nul animal ne dormira dans un lit.
5. Nul animal ne boira d'alcool.
6. Nul animal ne tuera un autre animal.
7. Tous les animaux sont égaux.


Le temps passe et les animaux travaillent dur. Diriger une ferme leur paraît au début difficile mais ils y parviennent. Ayant repoussé une attaque des fermiers, les animaux se sentent plus forts.
Peu à peu, Napoléon, le porc, s'impose comme chef. Il finit par évincer Boule de Neige, devenu son rival, et impose aux animaux le culte de la personnalité. Par la propagande, il arrive à les convaincre que Boule de Neige n'était qu'un traître. Napoléon va même jusqu'à s'installer dans la maison du fermier, et à trinquer tous les soirs avec ses amis les cochons. Il dort dans le lit du fermier et tue les animaux considérés comme rebelles. Et alors que les autres animaux n'ont pas assez à manger, les cochons deviennent de plus en plus gras...

Croyant se rappeler les commandements, des animaux décident d'aller les relire. Mais les commandements ne sont plus ceux dont ils se souvenaient. Trois d'entre eux à présent proclament : «Nul animal ne dormira dans un lit avec des draps.», «Nul animal ne boira d'alcool à l'excès.» et «Nul animal ne tuera un autre animal sans raison.».

Des années plus tard, alors que les nouvelles générations ont remplacé les anciens animaux, plus personne ne se rappelle la révolution et les commandements. Seul un seul demeure et dit : «Tous les animaux sont égaux, mais il y en a qui le sont plus que d'autres»...

- La ferme des animaux est une nouvelle animalière et non pas une fable car Orwell s’appuie sur des faits historiques.
COMPLEMENT Dame Plaquette:
La ferme est une forme de fable politique: but, plaire et instruire.
Discours plaisant sur lamontée d'un totalitarisme, allégorie du tyran sous forme de porcs, et discours instructif car il démontre que les intentions premières, ce qui précède un totalitarisme, peut avoir un fond légitime: ici, la libération du peuple animal.

Les personnages et leur équivalence dans la réalité :
-Les cochons en général : les bolchéviques (révolutionnaires)
-Sage l’ancien : Lénine ou Karl Marx
-Napoléon : Staline
-Boule de neige : Trotski
-Mr Jones : le tsar Nicolas II donc par extension l’ancien gouvernement de Russie
-Les animaux : la révolution russe
-L’âne Benjamin : Orwell lui-même, il peut donc critiquer l’URSS comme il le souhaite à travers se personnage sceptique

Conclusion :
En somme la philosophie de Sage l’Ancien (Karl Marx) n’était qu’un idéal. Certes les animaux ont pu se débarrasser du fermier mais la dictature se reproduit avec Napoléon et ses compères cochons, celle-ci se révèle peut-être mm pire que la tyrannie du fermier. Nous pouvons en conclure qu’ aucune société est parfaite même si le socialisme peut être une réalité pendant un moment (Espagne 1936),on ne peut échapper au capitalisme à cause de la nature humaine qui poussent les hommes à la recherche du pouvoir et de la domination.

Anouilh et ses périodes

By Camille



LES DIFFERENTES PERIODES DE JEAN ANOUILH


I. BIOGRAPHIE :



Jean Anouilh est un écrivain et un dramaturge français du XXéme siècle, né à Bordeaux en 1910 et en 1987 à Lausanne en Suisse.

Il commença son œuvre théâtrale en 1932. Elle est composée de comédies, le plus souvent grinçantes, et d’œuvres à tonalités dramatique ou tragique. Il a également reprit et adapté des pièces d’auteurs étrangers, comme Shakespeare.



II. PERIODES :



Anouilh a volontairement « classé » ses œuvres par thèmes se suivant au fil des années : les pièces roses, les pièces noires, les pièces brillantes, les pièces grinçantes, les pièces costumées, les pièces baroques, les pièces secrètes et les pièces farceuses.



_ 1942 : les pièces roses et les pièces noires : Anouilh fait alterner ses pièces roses avec ses pièce noires. Les premières étant des comédies où l’on retrouve deux catégories de personnages : les « marionnettes », souvent des vieux grincheux et ridicules et les « amoureux », des jeunes gens qui croient en leur amour. Les secondes sont des pièces plus sombre où le héros, ou l’héroïne, sont souvent issues de mythes et doivent souvent faire face à des situations d’affrontement plus ou moins graves.

Pièces roses : Humulus le muet (1929), Le Bal des voleurs (1932), Le Rendez-vous de Senlis (1937) et Léocadia (1939).

Pièces noires : ), L'Hermine (1931), La Sauvage (1934), Le Voyageur sans bagage (1937),

Eurydice (1942).

_1946 : les nouvelles pièces noires : Ces pièces utilisent un ton familier et un style « parlé », parfois vulgaire, assez éloigné du style noble et recherché, utilisé dans la tragédie classique. Dans ces pièces, Anouilh use beaucoup de l'anachronisme : on y parle de cartes postales, de café, de bar, de cigarettes, etc. De plus, les personnages portent des vêtements du XXe siècle.

Nouvelles pièces noires : Jézabel (1932), Antigone (1944), Médée (1946).



_1951 : pièces brillantes : pièces humoristiques dans lesquels Anouilh utilise le procédé du « théâtre dans le théâtre » qu'il emprunte à Pirandello.

Pièces brillantes : L'Invitation au château (1947), La Répétition ou l'Amour puni (1947), Cécile ou l'École des pères (1949) et Colombe (1951).


_1956 : pièces grinçantes : Se sont des comédies satiriques dans lesquels on retrouve surtout une catégorie de personnage plus ou moins vulgaire, mesquines, égoïste et méchante.

Pièces grinçantes : Ardèle ou la Marguerite (1948), La Valse des toréadors (1951), Ornifle ou le Courant d'air (1955) et Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956).



_1960 : pièces costumées : Dans ces pièces, Anouilh met en place des personnages qui s’illustrent en se sacrifiant au nom du devoir : envers la patrie comme envers Dieux.

Pièce costumées : L'Alouette (1953), Becket ou l'Honneur de Dieu (1959) et La Foire d'empoigne (1962).



A la fin des années soixante, Anouilh se tourne vers un style plus autobiographique dans lesquelles figure quelques notes nostalgiques.


_1970 : nouvelles pièces grinçantes : Le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron (1968) et Les Poissons rouges ou Mon père ce héros (1970).

_1974 : pièces baroques : Cher Antoine ou l'Amour raté (1969), Ne réveillez pas Madame (1970) et Le Directeur de l'Opéra (1972).


_ 1977 :pièces secrètes : Tu étais si gentil quand tu étais petit (1972), L'Arrestation (1975), Le Scénario (1976).
_ 1984 :pièces farceuses :Épisode de la vie d'un auteur (1948), Chers zoiseaux (1976), La Culotte (1978) et Le Nombril (1981).

lundi 19 avril 2010

Video extrait Caligula de Camus

Résumé Antigone, Anouilh


INTRODUCTION : Antigone est une adaptation moderne de la tragédie grecque de Sophocle
Rappel SOPHOCLE:
Il est né à Colone vers 495. Il mourut à Athènes vers 406 ou 405. Les Athéniens lui élevèrent un sanctuaire, comme pour un héros.
SON OEUVRE :
On évalue le nombre de ses pièces (tragédies ou drames satyriques) à 115 ou 120. Il nous en reste 7 complètes : Ajax, Antigone, Electre, Œdipe-Roi, Œdipe à Colone, Philoctète, les Trachiniennes.

Euridice : femme Creon.
Se donne la morte en apprenant mort de Hémon. (se coupe la gorge)
Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, ses deux frères Eteocle et Polynice se sont entretués. Créon a décidé de n'enterrer que celui qui avait aidé sa cité (Eteocle) et de laisser l'autre sans sépulture. Antigone pense alors qu'il est de son devoir que son frère repose en paix, elle va donc essayer (et essayer aussi de convaincre sa sœur Ismène de l'aider, mais celle-ci refusera, craignant la mort) de recouvrir son corps malgré l'interdiction de son oncle Créon, alors roi de Thèbes. Antigone est découverte par les gardes et Créon est obligé de soumettre la sentence de mort à Antigone. Après un long débat avec son oncle sur le but de l'existence, celle-ci est donc enterrée vivante. Mais au moment ou le tombeau est refermé, on s'aperçoit que le fiancé d'Antigone, Hémon, qui est aussi le fils de Créon, et donc le cousin d'Antigone, s'est enterré avec elle. Quand on re-ouvre le tombeau, il est trop tard et Hémon s'est ouvert le ventre au cotés de Antigone, qui elle s'est pendue à sa ceinture. En apprenant la nouvelle, la mère de Hémon se tranche la gorge de désespoir. On ne connaîtra pas la fin d'Ismène, mais le corps de Polynice ne sera jamais enterré.

Rappel:
Oedipe: père d'Antigone et d'Ismène
Hemon: fiancé d'Antigone
Etéocle et Eurydice: frères d'Antigone
Jocaste: soeur de Créon, se pend quand elle se rend compte qu'elle est devenue l'amante de son fils Oedipe

Groupement de texte Théâtre

le nouveau corpus est arrivé:
Thème: la figure du pouvoir au théâtre
Problématique: Le théâtre met-il véritablement les puissants sur le devant de la scène?
Objets d'étude: Théâtre
Mouvement littéraire, l'absurde

Texte 1: Caligula, Camus, Acte II, scène 5, 1944
Texte 2: ANtigone, Anouilh, 1944
Texte 3: Ubu Roi, Jarry, scène 3 et 4


OI: Mangeront-ils? Hugo
Extrait: Acte I, scène 4, Aïrolo, "Mes bons amis, il est deux hommes sur la terre....prends mon pain."
ACte III, scène 3, "LE ROI Qu'on le pende! ...son compagnon de chaîne."



Albert CAMUS, Caligula, acte II, scène 5, 1944.

Depuis la mort de sa sœur Drusilla, Caligula, jeune empereur romain, prend conscience de l'absurdité du monde. II décide d'exercer un pouvoir absolu, tyrannique et cruel sur son royaume.

ACTE II SCÈNE 5

Il mange, les autres aussi. Il devient évident que Caligula se tient mal à table. Rien ne le force à jeter ses noyaux d'olives dans l'assiette de ses voisins immédiats, à cracher ses déchets de viande sur le plat, comme à se curer les dents avec les ongles et à se gratter la tête frénétiquement. C'est pourtant autant d'exploits que, pendant le repas, il exécutera avec simplicité. Mais il s'arrête brusquement de manger et fixe avec insistance Lepidus l'un des convives.
Brutalement.

CALIGULA. — Tu as l'air de mauvaise humeur. Serait-ce parce que j'ai fait mourir ton fils ?
LEPIDUS, la gorge serrée. — Mais non, Caïus, au contraire.
CALIGULA, épanoui. — Au contraire ! Ah ! que j'aime que le visage démente les soucis du cœur. Ton visage est triste. Mais ton cœur ? Au contraire n'est-ce pas, Lepidus ?
LEPIDUS, résolument. Au contraire, César.
CALIGULA, de plus en plus heureux. — Ah ! Lepidus, personne ne m'est plus cher que toi. Rions ensemble, veux-tu ? Et dis-moi quelque bonne histoire.
LEPIDUS, qui a présumé de ses forces. — Caïus !
CALIGULA. — Bon, bon. Je raconterai, alors. Mais tu riras, n'est-ce pas, Lepidus ? (L'œil mauvais.) Ne serait-ce que pour ton second fils. (De nouveau rieur.) D'ailleurs tu n'es pas de mauvaise humeur. (II boit, puis dictant.) Au..., au... Allons, Lepidus.
LEPIDUS, avec lassitude. — Au contraire, Caïus.
CALIGULA. — A la bonne heure! (Il boit.) Écoute, maintenant. (Rêveur.) Il était une fois un pauvre empereur que personne n'aimait. Lui, qui aimait Lepidus, fit tuer son plus jeune fils pour s'enlever cet amour du cœur. (Changeant de ton.) Naturellement, ce n'est pas vrai. Drôle, n'est-ce pas ? Tu ne ris pas. Personne ne rit ? Ecoutez alors. (Avec une violente colère.) Je veux que tout le monde rie. Toi, Lepidus, et tous les autres. Levez-vous, riez. (Il frappe sur la table.) Je veux, vous entendez, je veux vous voir rire.
Tout le monde se lève. Pendant toute cette scène, les acteurs, sauf Caligula et Caesonia, pourront jouer comme des marionnettes.
Se renversant sur son lit, épanoui, pris d'un rire irrésistible.
Non, mais regarde-les, Caesonia. Rien ne va plus. Honnêteté, respectabilité, qu'en dira-t-on, sagesse des nations, rien ne veut plus rien dire. Tout disparaît devant la peur. La peur, hein, Caesonia, ce beau sentiment, sans alliage, pur et désintéressé, un des rares qui tire sa noblesse du ventre. (Il passe la main sur son front et boit. Sur un ton amical.) Parlons d'autre chose, maintenant. Voyons. Cherea, tu es bien silencieux.
CHEREA. — Je suis prêt à parler, Caïus. Dès que tu le permettras.
CALIGULA. — Parfait. Alors tais-toi. J'aimerais bien entendre notre ami Mucius.
MUCIUS, à contrecœur. — A tes ordres, Caïus.

Texte 2
Jean Anouilh, Antigone, extrait (1944).

Créon, roi de Thèbes, va devoir mettre à mort sa nièce Antigone parce qu'elle veut enfreindre la loi en enterrant son frère Polynice, traître à l'État. Créon, après avoir tenté de la dissuader, lui justifie sa décision par les contraintes du métier de roi.

CRÉON, sourdement. - Eh bien, oui, j'ai peur d'être obligé de te faire tuer si tu t'obstines. Et je ne le voudrais pas.
ANTIGONE - Moi, je ne suis pas obligée de faire ce que je ne voudrais pas! Vous n'auriez pas voulu non plus, peut-être, refuser une tombe à mon frère ? Dites-le donc, que vous ne l'auriez pas voulu ?
CRÉON - Je te lai dit.
ANTIGONE - Et vous lavez fait tout de même. Et maintenant, vous allez me faire tuer sans le vouloir. Et c'est cela, être roi !
CRÉON - Oui, c'est cela !
ANTIGONE - Pauvre Créon ! Avec mes ongles cassés et pleins de terre et les bleus que tes gardes m'ont fait aux bras, avec ma peur qui me tord le ventre, moi je suis reine.
CRÉON - Alors, aie pitié de moi, vis. Le cadavre de ton frère qui pourrit sous mes fenêtres, c'est assez payé pour que l'ordre règne dans Thèbes. Mon fils t'aime. Ne m'oblige pas à payer avec toi encore. J'ai assez payé.
ANTIGONE - Non. Vous avez dit « oui ». Vous ne vous arrêterez jamais de payer maintenant !
CRÉON, la secoue soudain, hors de lui. - Mais, bon Dieu ! Essaie de comprendre une minute, toi aussi, petite idiote ! J'ai bien essayé de te comprendre, moi. Il faut pourtant qu'il y en ait qui disent oui. Il faut pourtant qu'il y en ait qui mènent la barque. Cela prend l'eau de toutes parts, c'est plein de crimes, de bêtise, de misère… Et le gouvernail est là qui ballotte. L'équipage ne veut plus rien faire, il ne pense qu'à piller la cale et les officiers sont déjà en train de se construire un petit radeau confortable, rien que pour eux, avec toute la provision d'eau douce, pour tirer au moins leurs os de là. Et le mât craque, et le vent siffle, et les voiles vont se déchirer, et toutes ces brutes vont crever toutes ensemble, parce quelles ne pensent qu'à leur peau, à leur précieuse peau et à leurs petites affaires. Crois-tu, alors, qu'on a le temps de faire le raffiné, de savoir s'il faut dire « oui » ou « non », de se demander s'il ne faudra pas payer trop cher un jour, et si on pourra encore être un homme après ? On prend le bout de bois, on redresse devant la montagne d'eau, on gueule un ordre et on tire dans le tas, sur le premier qui s'avance. Dans le tas ! Cela n'a pas de nom. C'est comme la vague qui vient de s'abattre sur le pont devant vous; le vent qui vous gifle, et la chose qui tombe devant le groupe n'a pas de nom. C'était peut-être celui qui t'avait donné du feu en souriant la veille. Il n'a plus de nom. Et toi non plus tu n'as plus de nom, cramponné à la barre. Il n'y a plus que le bateau qui ait un nom et la tempête. Est-ce que tu le comprends, cela ?



= terrible responsabilité du pouvoir et du devoir.

Texte 3:
[La scène se passe dans une Pologne imaginaire. Poussé par l'ambition de sa femme, le Père Ubu fomente une conspiration contre le roi Venceslas. Parvenu à ses fins, et une fois couronné, Ubu fait régner la terreur.]

ACTE III, SCÈNE III

Une maison de paysans dans les environs de Varsovie.
Plusieurs paysans sont assemblés.

UN PAYSAN, entrant : - Apprenez la grande nouvelle. Le roi est mort, les ducs aussi et le jeune Bougrelas s'est sauvé avec sa mère dans les montagnes. De plus, le Père Ubu s'est emparé du trône.
UN AUTRE : - J'en sais bien d'autres. Je viens de Cracovie1, où j'ai vu emporter les corps de plus de trois cents nobles et de cinq cents magistrats qu'on a tués, et il parait qu'on va doubler les impôts et que le Père Ubu viendra les ramasser lui-même.
TOUS : - Grand Dieu ! qu'allons-nous devenir ? le Père Ubu est un affreux sagouin et sa famille est, dit-on, abominable.
UN PAYSAN : - Mais, écoutez : ne dirait-on pas qu'on frappe à la porte ?
UNE VOIX, au-dehors : - Comegidouille2 ! Ouvrez, de par ma merdre, par saint Jean, saint Pierre et saint Nicolas ! ouvrez, sabre à finances, corne finances, je viens chercher les impôts !
La porte est défoncée, Ubu pénètre suivi d'une légion de Grippe-Sous.

SCÈNE IV

PERE UBU : - Qui de vous est le plus vieux ? (Un paysan s'avance.) Comment te nommes-tu ?
LE PAYSAN : - Stanislas Leczinski.3
PERE UBU : - Eh bien, comegidouille, écoute-moi bien, sinon ces messieurs te couperont les oneilles4. Mais, vas-tu m'écouter enfin ?
STANISLAS : - Mais Votre Excellence n'a encore rien dit.
PERE UBU : - Comment, je parle depuis une heure. Crois-tu que je vienne ici pour prêcher dans le désert ?
STANISLAS : - Loin de moi cette pensée.
PERE UBU : - Je viens donc de te dire, t'ordonner et te signifier que tu aies à produire et exhiber promptement ta finance, sinon tu seras massacré.
Allons, messeigneurs les salopins de finance, voiturez ici le voiturin à phynances5. (On apporte le voiturin.)
STANISLAS : - Sire, nous ne sommes inscrits sur le registre que pour cent cinquante-deux rixdales que nous avons déjà payées, il y aura tantôt six semaines à la Saint-Mathieu.
PERE UBU : - C'est fort possible, mais j'ai changé le gouvernement et j'ai fait mettre dans le journal qu'on paierait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront être désignés ultérieurement. Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai.
PAYSANS : - Monsieur Ubu, de grâce, ayez pitié de nous. Nous sommes de pauvres citoyens.
PERE UBU : - Je m'en fiche. Payez.
PAYSANS : - Nous ne pouvons, nous avons payé.
PERE UBU : - Payez ! ou ji6 vous mets dans ma poche avec supplice et décollation du cou et de la tête ! Cornegidouille, je suis le roi peut-être !
TOUS : - Ah, c'est ainsi ! Aux armes ! Vive Bougrelas, par la grâce de Dieu, roi de Pologne et de Lithuanie !
PERE UBU : - En avant, messieurs des Finances, faites votre devoir.
(Une lutte s'engage, la maison est détruite et le vieux Stanislas s'enfuit seul à travers la plaine. Ubu reste à ramasser la finance.)



Ressources net, sans correction ni approbation particulière, dont en aide seulement:

http://www.lescorriges.com/acces/commentaire_camus_caligula_acte_2_scene_5.php
http://www.lescorriges.com/commentaire-de-texte/commentaire_anouilh_antigone_creon.php http://www.lescorriges.com/acces/commentaire-jarry-Ubu-Roi-acte-III-scenes-3-et-4.php

ATTENTION: ne pas payer pour la suite, sert à faire votre introduction par exemple
http://patenotte.name/Frames/310/Antigone/framedicosAntigone.htm (pour la colonne de droite qui résume la pièce)