mardi 4 mai 2010

Kafkaien, ubuesque et autres dérivés d'auteurs

Rien n'est superfétatoire, donc vous devez connaître:
By Guenièvre:


1.Définition :
* Ubuesque: (Adjectif singulier invariant en genre) un comique grotesque (ressemble a une farce, ridicule) et démesuré, poussé jusqu'à l'absurde (contre la raison).
* Kafkaïen: ( adjectif, féminin en ïenne) Oppressant ( pesant, accablant) , absurde et cauchemardesque ( éprouvant la même sensation que d’un cauchemar )
 
2- Contexte :

* Ubuesque: vient de Ubu, qui est le personnage principal de Ubu roi écrit par Alfred JARRY (publié le 25 Avril en 1896) ayant le suffixe -esque (un suffixe qui sert à former des adjectif pour en faire une caractéristique, ou une qualité). Ubuesque sert aussi à signifier le caractère d’Ubu roi ( est un roi cruel, cynique).

* Kafkaïen: est un dérivé de l’auteur Kafka (allemand= 1883-1924) ayant un suffixe -ïen ( sert à former des adjectifs venant d’un nom d’un personnage célèbre). Il ya un rapport logique avec Kafka. Kafka a écrit La Métamorphose.

Les deux termes sont utilisés face à des situations insensées:
Ubuesque quand on ne s'en sort pas mais que c'est grotesque, dc on en rigole qd même
Kafkaien quand on ne s'en sort pas mais que cela ne fait plus rire du tt!
L'adjectif « kafkaïen » a fait son apparition au lendemain de la seconde Guerre Mondiale pour désigner une « atmosphère oppressive », un «monde cauchemardesque » où « de sinistres forces impersonnelles contrôlent les affaires humaines », ou du moins une situation « mystérieuse, inquiétante et menaçante ». (cf fabula.org)

Et quand aucun des deux ne convient , c'est juste PIOUPIESQUE ;)

lundi 3 mai 2010

Camus et la religion.


Pque: Souvent les figures religieuses sont malmenées dans les oeuvres de Camus, pourquoi?

Camus et la religion

Principe de base de la pensée de Camus => l’absurdité de la condition humaine.
En effet la logique d’Albert Camus amène à la pensé que l’humanité est en affrontement perpétuel. D’une part la question existentiel que tout homme vient à se poser : « qui suis-je ? ». D’une autre part l’incapacité du monde à répondre à cette question par manque de cohérence ou de logique morale.
Face à cet échange interminable L’auteur pose une problématique qui sera la régie de toute son œuvre : comment vivre dans un monde absurde ?
Et c’est en homme absurde qu’il soutiendra ses discours philosophique, c'est-à-dire en homme résigné à se contraindre à la logique humaine et rationnelle.

Face à ces idées la religion présente un désavantage majeur : Toutes les réponses aux interrogations puisent dans une origine divine, telle la création du monde ou le début de l’espèce humaine dans notre univers, etc.

« Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens et qu'il m'est impossible pour le moment de le connaître. Que signifie pour moi une signification hors de ma condition ? » A. Camus Le mythe de Sisyphe (Cf. mythologie grecque, Mythe de Sisyphe, symbolique de l’aller retour et de l’absurde, symbolique de la mort absurde, …)

Camus refuse donc d’adhérer à un dogme religieux, bien qu’il ne nie aucun préceptes religieux. Son athéisme est profond quoique mesuré : il ne souhaite pas s’engager CONTRE la religion, estimant que des termes dénigrant les croyances pourraient détourner les gens de leurs espoirs.

Albert Camus ne niait pas l’existence d’un Dieu, il ignorait volontairement le concept pour accepter totalement le principe de l’absurde : nous vivons pour mourir et notre tâche consiste à donner un sens à nos routes en cherchant dans la dimension humain et pas dans la dimension religieuse les réponses à nos questions existentielles.

La place de la religion dans La Peste est exactement le reflet de cet engagement de Camus à aller sur une voie différente de la religion sans l’outrager, à travers le personnage du Père Paneloux. (peste co chatiment divin) En effet aucune réelle critique n’est perçue par le lecteur, mais un message est tout de même clairement lancé : ce n’est pas l’existence de Dieu ni la prière qui vous sortira de la Peste, la mort du prêtre illustre parfaitement cette idée de même que le fait qu’il ne meure pas le dernier.

Idem : docteur Rieux, athée . AVec Paneloux, c'est la religion qui meurt.
Meursault, L'Etranger, refuse de recevoir le prêtre
La Chute: beaucoup de références religieuses. (Clamence, le héros, ironise sur la religion. Pourrait être une représentation de Camus)
Camus ne croit pas en dieu mais s'interroge sur la religion. A rédigé un mémoire sur le christianisme.

Ainsi donc l’athéisme de Camus est ce qui caractérise d’abord son association au courant existentialiste parmi d’autres (Cf. humanisme et absurde)

"[...] puisque l'ordre du monde est réglé par la mort, peut-être vaut-il mieux pour Dieu qu'on ne croie pas en lui et qu'on lutte de toutes ses forces contre la mort, sans lever les yeux vers ce ciel où il se tait."
(Albert Camus / 1913-1960 / La Peste)

"... on ne peut pas bien vivre en sachant que l'homme n'est rien et que la face de Dieu est affreuse."
L'Etat de siège

ANTIGONE de Sophocle à ANouilh

Antigone de Jean Anouilh


Jean Anouilh s'est directement inspiré de la pièce originale homonyme de Sophocle.

Sophocle est un tragédien grec, né vers 495 avant J.C et mort vers 405 avant J.C. Il est l'auteur de cent-vingt-trois tragédies mais seules sept d'entre elles nous parvenues. Il faisait parti des trois plus grands tragédiens avec Eschyle et Euripide. Antigone fut écrit en 442 avant J.C.

Ces deux tragédies racontent la meme histoire: Antigone veut faire enterrer son frere Polynice, qui fut tuer pendant sa lutte fratricide avec Etéocle. Antigone enfrein le décret de son oncle Créon qui est aussi le roi de la cité. Pour la punir, il doit la condamner à mort. Créon est confronté à un dilemme, etre le roi tyran qui éxecute son devoir sans la moindre humanité, ou alors faire preuve de raison, et sauver sa nièce.

Sophocle écrivit cette pièce de façon classique, il est centré d'avantage sur les différentes tournures de l'histoire, afin de l'emmener vers le dénouement final, bien qu'il critique avant tout la justice et les pouvoirs en places à son époque, notamment le conflit entre la justice divine et la justice humaine.

Jean Anouilh eu l'idée de réécrire cette tragédie de façon moderne. Il fait avancer l'histoire, mais se concentre d'avantage sur la psychologie de ses personnages. Ils sont prisonniers de leurs passés, de leurs position sociales, les seules solutions sont le plus souvent la fuite ou la mort.


Chez Anouilh:
Créon est compatissant, sensible.
Un acte unique
ANtigone incarne la résistance.

Chez Sophocle: aucune compassion, ne se soucie pas de la souffrance d'autrui.
Roi froid et brutal. Antigone incarne l'esprit rebelle face à l'Etat.

Fidélité d'Anouilh sur la fin de la pièce.
5 actes
1948, Antigone, nouvelle adaptation de Brecht.
Antigone de Jean Cocteau

Les personnages dans Mangeront-ils de V. Hugo

Le rôle des personnages dans Mangeront-ils ?

La pièce de théâtre Mangeront-ils ? de Victor Hugo , relate les aventures d’un roi tyrannique qui est amoureux de sa cousine Lady Janet qui a pour amant Lord Slada , le couple s’enfuit en une terre d’asile , le roi les poursuit et cherche par tous les moyens à « posséder » Lady Janet. Les amants sont aidés par Airolo un voleur , lui-même aidé par une sorcière qui possède la connaissance en l’avenir.

Cette pièce possède six personnages principaux qui sont :

-Lady Janet
-Lord Slada
-Aïrolo
-Le Roi de Man
-Mess Tityrus
-Zineb

Le couple Janet/Slada peut être considéré comme un rôle en lui-même, les deux représentants les mêmes choses.

* Le rôle des personnages donne tout le sens à une pièce, cela permet de comprendre le but de l’histoire.

* Pour étudier leur rôle il faut répondre a plusieurs questions essentielles:

-Quel est leur statut, leur fonction sociale ? Leurs caractéristiques , leurs traits psychologiques ?
-Quel est la symbolique qui en résulte ?
-A quel moment de la pièce le personnage fait il son entrée et pourquoi ?
-Quelle est sa fonction ? Sa mission ?


Le couple :
Lady Janet/Lord Slada

Statut / Fonction sociale :
Cousin et cousine du roi , ils font partis de la famille royale mais doivent tout de même se cacher du roi leur statut ne les protège pas . Ils n’ont aucuns pouvoirs a part celui de leur amour.
Caractéristiques:
Amoureux , recherche la liberté , la sureté , pouvoir vivre leur amour librement , ils sont naïfs possédants l’amour « véritable » , sincères
Entrée :
Ils font leur première apparition à la scène trois ,ce sont les jeunes premiers.
Mission:
Ils montrent un contraste avec les autres personnages apparus avant eux ,ils vivent de leur amour quitte a mourir de faim Ils vont devenir par la suite Roi et Reine après l’abdication du Roi de Man . Leur aventure a l’intérieur de cette « prison » leur a montré les abus du pouvoir , et de ce fait il serons juste et honnête avec le peuple qui ne possède pas le pouvoir
Symbolique/Interprétation:
Ils représentent l’avenir , la justesse, et le triomphe de l’amour .

Sorte de Romeo et Juliette. Connotation drame romantique.

Aïrolo

Statut / Fonction sociale :
Ce personnage est un voleur , il ne respecte aucune règle royale , il se contrefiche du pouvoir et du roi.Il est omniprésent et est au courant de tout .
Caractéristiques:
Simple, libre , vit de la nature, courageux , généreux, insouciant esprit invincible , il est le total opposé au roi , il est relié a lui par la mort
Entrée :
Il apparait pour la première fois dans la seconde scène , il est la en « espion » , il observe le roi et mess Tityrus .
Mission:
Il aide le couple dans son enfermement , car il possède un moyen de pression sur le roi qui est l’instant de sa mort
Symbolique/Interprétation:
Il est l’incarnation de la Liberté , il est également une représentation de la mort pour le Roi
Il est une sorte de V. Hugo exilé, solitaire, mais défandant toujours la juste cause.

Le Roi de Man

Statut / Fonction sociale :
Roi despotique, il a beau posséder le pouvoir de la société , il ne peut rien , il cherche a tout contrôler mais il est sans cesse contrarié dans sa recherche du pouvoir absolu
Caractéristiques:
Violent, jaloux , faible, têtu , egocentrique . Il veut s’imposer par la force et tout manipuler comme bon lui semble sans penser aux autres .
Entrée :
Il apparait dans la deuxième scène accompagné comme toujours de son acolyte : Mess Tityrus . Des le début il est tourné au ridicule , ne pouvant même pas abattre un pigeon …
Mission:
Il cherche a s’imposer , et a conquérir Lady Janet par la force , la contraignant a fuir . Il veut montrer sa force et dominer le peuple , ce qu’il ne parvient pas a faire , étant trop injuste .
Symbolique/Interprétation:
Il est la figure même du roi tyrannique , qui ne contrôle rien , il est tourné en dérision , ne parvenant pas a se faire respecter , il est craint et détesté , il montre la faiblesse de se genre de Roi.

Mess Tityrus

Statut / Fonction sociale :
C’est un conseiller et flutiste du roi .
Caractéristiques:
Soumis au roi mais il le méprise entièrement ,il le pousse a ses faiblesses afin de le discrédité , et de détruire sa puissance.
Entrée :
Il apparait toujours au coté du roi et souvent il lui dit ce qu’il veut entendre ou bien il le manipule afin qu’il prenne certaines décisions.
Mission:
Il est une sorte de collaborateur lucide , il résiste au despotisme en étant logé en son sein , pour cela il doit se plier au roi .
Symbolique/Interprétation:
Il permet de nous montrer que le roi est très facilement influençable et qu’il ne se doute pas que les personnes qui lui sont proche ne le respectent pas et le manipulent.
Nom latin, connatation tragédie (Pyrrhus, Titus...)

Zineb ( anagramme de bénis ?)

Statut / Fonction sociale :
Sorcière , c’est une marginale non accepté par la société mais respecté car elle est « magique » .
Caractéristiques:
Respecté , impressionnante, fort caractère , juste , elle n’obéie qu’a elle-même
Entrée :
Elle est la première sur scène , elle domine tout les autre personnages , c’est elle le centre de l’histoire.
Mission:
C’est un guide vers le destin Son but est de rétablir la justice , et de ne pas céder au despotisme et au carcan de la société royaliste . Pour cela elle veut que la juste puissance (le couple slada/Janet) règne et soit aidée de la liberté (Airolo) pour cela.
Symbolique/Interprétation:
Elle représente un lien entre la vie et la mort , elle semble détenir les clefs de la vérité et du savoir , symbolisation du destin.

--> « Puissance des faibles »

dimanche 2 mai 2010

Jarry, Ubu Roi et son théâtre



ALFRED JARRY ET SON THEATRE

BIOGRAPHIE

Alfred Jarry, né en 1873 est mort à Paris en 1907. il était un dramaturge, un poète et un romancier français. Élève brillant. Il écrit ses premières comédies en 1885 avec par exemple le Procès
En 1888 il écrira la version la plus ancienne de Ubu roi intitulé Les Polonais . C'était une pièce pour se moquer de leur professeur de physique.
Origine du nom: Le Père Ubu comme personnage n′est pas sorti directement de l′esprit d′Alfred Jarry. Il a pour modèle un professeur du lycée de Rennes, Félix-Frédéric Hébert, professeur de physique, qui était vraiment chahuté de ses élèves. Ils avaient déformé son nom propre en P. H., Père Heb, Eb, Ebé, Ébon, Ébance ou Ébouille.

Entre 1891 et 1892 il échoue au concours d'entrée a l'école normale supérieure
En 1894 il présente sa comédie Ubu roi au directeur du Mercure de France cette pièce sera ensuite publiée en 1896.
En 1901, il écrit une version en deux actes de sa pièce, jouée la même année dans un cabaret, elle sera ensuite publiée en 1906 sous le nom de Ubu sur la butte
Epuisé, malade et harcelé par des créanciers (comme Balzac au XIXème) , Alfred jarry meurt à l'hôpital de la charité le 1er novembre 1907

Il participera aussi à l'écriture de plusieurs revues dont l'Echo de Paris ou le Mercure de France.

BIBLIOGRAPHIE
plus de 33 œuvres dont:

les Alcoolisés (1890)
césar antéchrist (1895)
Ubu roi (1896)
L'amour absolu (1899)
Ubu sur la butte (1906)

ainsi des publications posthumes (7 ou plus ) avec par exemple: Spéculations (1911) ou Le manoir enchanté (1974)


LE THEATRE DE JARRY
Inspiration venant de la ''pataphysique''. = discipline intellectuelle inventée par jarry. C'est la science des ''solutions imaginaires'' ou des ''exceptions''. Selon lui, elle se rajoute à la métaphysique. C'est l'inversion d'un point de vue commun (comme par exemple un corps ne chute pas vers un point précis mais s'élève plutôt d'un point vers une périphérie).

La pataphysique consiste à ne rien prendre au sérieux.

Il utilisera cette discipline dans la rédaction de ses oeuvres.
Il tournera son mouvement vers le théatre symboliste, qui s'oppose à la littérature réaliste et naturaliste. Cependant, il dépassera le symbolisme en inventant la pataphysique. Certes...encore faut-il comprendre ce qui est dit....

La tragédie au XVII

En complément des extraits sur Antigone d'ANouilh par exemple.

By Saberfirst

La Tragédie classique du XVIIème siècle

Aux origines de la tragédie classique : la tragédie antique

Aux XVI-XVIIème siècle, la tragédie reste fortement marquée par l'héritage antique.
Ton empreint d'un grand lyrisme.
Présence de chœurs déplorant longuement la catastrophe ; toutefois, en général, la pièce ne comporte pas de véritable action tragique.
Représentation est axée moins sur l'action que sur l'émotion.
Personnages généralement illustres et tourmentés par de fortes passions
Composée de cinq actes (séparés par des entractes), et nombre de scènes par acte varie.
Action (l’intrigue) est issus de l’histoire ou de la légende
La tragédie classique avait ses règles, dont la fameuse règle des trois unités (unité d’action, unité de temps, unité de lieu) :

Les caractéristiques de la tragédie classique

a. Le respect des genres anciens

• L’ambition de la conformité : L’auteur classique ne cherche pas à surprendre par l’invention de genres nouveaux (comme ce sera le cas au XIXème avec le drame romantique). Il reprend dc les genres définis depuis l’Antiquité : la tragédie, la fable, la comédie. Il ne vise pas non plus à réformer les idées (à la différence des auteurs du Siècle des Lumières qui suit), ni à bousculer ou libérer les mœurs. On comprend dès lors que les dramaturges reprennent des tragédies antiques comme RACINE le fait en s’inspirant d’EURIPIDE et de SÉNÈQUE.

• Une application des théories d’ARISTOTE : La tragédie classique ne met en scène que de très hauts personnages (rois, reines...). Ceux-ci appartiennent à l’Histoire (Néron par exemple dans Britannicus) ou aux mythes de l’Antiquité comme pour Phèdre.

b. La vraisemblance

La tragédie racinienne se veut imitation de la nature dans ses aspects universels. Les faits doivent donc paraître vraisemblables aux spectateurs (il faut qu’il ait l’illusion qu’il assiste au déroulement d’une histoire réelle).

c. La règle de bienséance

Le souci de plaire est au cœur de l’esthétique classique : l’auteur se veut donc en harmonie avec la morale et les goûts de son public de manière à rencontrer son adhésion. La personne royale est, bien entendu, l’arbitre suprême du bon goût. S’instaure dès lors une règle tacite : celle des bienséances (= conduites en accord avec les usages). Il en existe de deux sortes.

• La bienséance dite « interne » : elle prescrit que le comportement des personnages doit être conforme à leur âge, à leur condition sociale, aux mœurs et aux coutumes de leur pays. C’est à la fois une question de logique et de vraisemblance. C’est sans doute dans cet esprit que RACINE choisit de ne pas « salir » Phèdre en la rendant directement responsable de la calomnie d’Hippolyte : c’est Oenone qui en est coupable.

• La bienséance dite « externe » : elle vise à ne pas choquer la sensibilité ni les principes moraux du spectateur. Elle interdisait donc la représentation sur scène d’actes trop violents (meurtres, suicides...) et des allusions trop marquées à la sexualité, à la nourriture, à la vie du corps en général. Ainsi, les scènes trop violentes font l’objet d’un récit : dans Phèdre, la mort d’Hippolyte sera racontée.

d. La règle des trois unités

• L’unité de temps : la durée de l’histoire ne doit pas dépasser 24 heures. L’idéal est que la durée de l’histoire coïncide avec la durée du spectacle (3 heures environ) mais comme c’était rarement réalisable, on admettait qu’elle s’étende sur une journée. Au-delà, le décalage était trop grand et devenait préjudiciable à la vraisemblance.

• L’unité de lieu : le lieu devait être un lieu unique durant toute la pièce (pas de changements de lieu, donc pas de changements de décors). Les auteurs tragiques situent dc leur histoire ds un lieu qui peut être traversé par n’importe qui (le Roi mais aussi les valets, les confidents...) : il s’agit souvent de manière générale, du palais ou de l’antichambre.

• L’unité d’action : elle n’est pas synonyme d’action simple mais implique que ts les fils de l’intrigue soient fortement tissés et que toute action (ou parole) d’un personnage ait une conséquence sur les autres= principe de cohérence : rien n’est gratuit, rien n’est superflu.







e) Le but de la tragédie classique : la catharsis

La tragédie classique prétend remplir une fonction morale, conforme ainsi au principe d’ARISTOTE appelé la catharsis. En montrant les conséquences ultimes et catastrophiques des passions, la tragédie purge l’âme du spectateur de ces mêmes passions et l’incite à ne pas imiter les héros tragiques. Le théâtre rendrait ainsi les hommes meilleurs...

Procédé pour le reconnaitre :

•Une structure classique : l’exposition, le nœud accompagné de quiproquos, de péripéties, et le dénouement qui voit souvent la mort d’un personnage.

• Des thèmes récurrents : l’amour, la haine, la jalousie, le sens de l’honneur et la fatalité contre laquelle l’homme tragique ne peut rien.

• Le dynamisme du héros : le héros tragique est héroïque.

• Des procédés rhétoriques particuliers : l’alexandrin reste le vers tragique par excellence. On trouve de nombreux procédés d’amplification qui visent à rendre les personnages héroïques. Le monologue rend compte des conflits internes des personnages, et le récit tragique a pour fonction de faire l’éloge d’un héros ou d’une action héroïque impossible à représenter sur scène. L’hypotypose permet de faire vivre sous les yeux du spectateur une action qui
n’a pas pu se dérouler sur la scène.

Procédés stylistique utilisés :

• Le "pathétique" suscitant émotion et compassion chez le spectateur.

• L’épique intervient souvent ds le récit de la mort des héros (par exemple, le récit de la mort d’Hippolyte dans Phèdre de Racine).

• Le lyrisme : on le retrouve ds l’expression des passions des héros ("Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue", Phèdre, 1677).

• Le tragique intervient lorsque les personnages ont conscience que le destin les accable et qu’ils ne peuvent lutter.

• L’ironie tragique intervient lorsque les personnages constatent avec une certaine dérision qu’ils sont les jouets du destin.
ULYSSE. - Vous êtes jeune, Hector !... À la veille de toute guerre, il est courant que deux chefs des peuples en conflit se rencontrent seuls dans quelque innocent village. (Jean Giraudoux, La guerre de Troie n’aura pas lieu, Grasset, 1985)

Quelques grandes tragédies classiques :
• Corneille (1606-1684)
o Le Cid (1636)
o Horace (1640)
o Polyeucte (1643)
• Racine (1639-1699) :
o Andromaque (1667)
o Iphigénie (1674)
o Phèdre (1677)
o Bérénice (1670)

Autre figure du roi chez Hugo, Le Roi s'amuse


LE ROI S'AMUSE de Victor Hugo

BIOGRAPHIE:

(1802-1885)

-père général pour Napoléon 1er, sa mère l'élève seule

-poète: Odes et ballades (1826), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856)

-romancier:Les Misérables (1862)

-dramaturge: Hermani (1830), Le roi s'amuse (1832)

-sa fille aînée, Léopoldine meurt en 1843, qui lui inspira « les contemplations »

-romantisme

-homme politique s'opposant à Napoléon Le Petit, fut député

-s'exile à Guernesey jusqu'en 1870 après avoir été chassé de Jersey

-repose au Panthéon

RESUME:

Drame romantique.

Une ambiance de fête règne à la cour de François Premier.
Le roi s'encanaille : il boit et rit des railleries de son bouffon Triboulet, qui l'incite à la débauche. Tous ignorent que l'amuseur bossu a une fille, Blanche, un joyau qu'il chérit et tient précieusement éloigné des frasques des courtisans. Mais la vigilance d'un père ne saurait empêcher une malédiction de se réaliser et le roi de convoiter la belle Blanche... Jalousies, complots et vengeances composent un drame écrit en 1832, au cœur de la bataille romantique.
A la fin, Blanche meurt d'un coup de poignard.

FIGURE DU ROI:

-un semblant d'autorité. Tout le monde est à ses genoux devant lui mais dès qu'il tourne le dos, tout le monde conspire contre lui.

-ressemble à un courtisant, ce roi séduit toutes les femmes qu'elles soient jeunes, mariées ou veuves.

-il est guidé par son amour des femmes

-prend comme conseiller rapproché, son bouffon, Triboulet.

-il n'est pas responsable, ne pense pas à son peuple

-il est insouciant

-il ressemble plus au bouffon qu'à un roi en agissant comme il le fait

-il est capricieux, veut tout, tout de suite

- il est avare

- il a les caractéristiques d'un enfant, il n'est pas méchant mais ne pense pas aux conséquences.